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Par Michel, le 23.11.2024
comment vas-tu michel ? http://patrici a93.centerblog .net
Par patricia93, le 20.11.2024
merci, petite soeur! j'ai quatre-vingts ans cette année, tu vois comme le temps passe! on se fait traiter de p
Par michel, le 14.11.2024
bonjour petit frangin d,une autre vie , j,espère que ce message te trouvera en meilleur santé et que cela
Par +veronique+, le 31.10.2024
merci beaucoup, petite soeur véro. je ne vais pas très bien je vais peut-être entrer dans une maison de retrai
Par teston tramontane, le 29.10.2024
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Date de création : 27.01.2012
Dernière mise à jour :
26.07.2024
379 articles
© teston Photo prise par l'auteur. Bois de châtaigniers de l'Ardèche.
Et aujourd'hui voici la suite de mon premier roman: "J'ai rencontré un ange" (Michel Teston), 1994, ISBN 2-9501967-8-0. Il s'agit du chapitre 8 qui va des
pages 125 à 138 de l'édition originale.
Je vous souhaite une bonne lecture en vous disant à bientôt pour la suite. (M.T.)
Chapitre VIII
Je suis rentré dans le café, et effectivement, ils étaient là. Ils, ce sont des copains que je me suis faits en venant précisément à ce café. Je ne sais pas au juste quel est leur train de vie et ce qu'ils font dans la vie, mais ça n'a pas d'importance, le principal c'est qu'on soit là dans ce café ; nos vies se rejoignent ici ; peu importe leur direction. Il y avait Jojo et Jean-Jacques qui étaient en train de jouer au billard, et dans un coin, il y avait aussi l'illustre Théophraste qui était à une table en compagnie d'un gars que je ne connaissais pas. J'aime bien retrouver les copains, car ils sont pour moi un autre monde que je ne connaîtrais jamais assez et qui n'arrête pas de m'étonner...
Je ne sais pas, ce sont de drôles de types... D'abord cette façon d'être toujours ensemble et de tout faire ensemble. C'est un monde complet, peut- être très riche, mais protectionniste, qui vit sur lui-même et qui satisfait à tous ses besoins. Je n'ai jamais pu les comprendre tout à fait. On a l'impression que tout est simple chez eux, tous les problèmes sont résolus, parfois même à l'avance. Ils ne s'étudient pas, ils ne recherchent pas à se combattre et à se forcer eux-mêmes. Ils vivent aussi facilement qu'ils mangent ou qu'ils pissent ; ils s'épanouissent naturellement, comme une fleur au printemps. Ce sont des gars qui travaillent sans forcer, et cependant des gars qui réussissent. Mais ils m'ont adopté ; je ne suis pas de la famille, mais je suis un habitué, l'étranger ou l'ami que l'on invite.
J'ai toujours l'impression qu'ils sont inconscients. Ils rient souvent de ce rire libre, sans malheur, sans arrière-pensée ; ils parlent, ils pleurent, oui, ils souffrent aussi peut-être mais sûrement sans réfléchir, comme l'animal qui ne comprend pas pourquoi sa patte saigne, ou peut-être comme l'arbre qu'on abat ; c'est pour ça que je me demande s'ils souffrent réellement et c'est pour ça qu'ils m'attirent, parce que j'aurais aimé être comme eux, mais ils n'y a rien à faire, je ne suis pas comme eux...
Ils sont plus philosophes que moi parce qu'ils sont jeunes et qu'ils ne se disent pas : "Je suis heureux" quand ils le sont. Ils ne canalisent pas leurs joies et leur peines. Ils ne trient pas, ils ne contrôlent pas, ils ne s'empoisonnent pas l'existence en philosophant. Ils suivent les lois des choses, sans se révolter, peut-être un peu trop d'ailleurs, comme les moutons qui marchent tête baissée sachant qu'il y a un berger qui les mène et qu'ils n'échapperont pas quoiqu'ils fassent à sa volonté.
Suffit ! Ce sont mes copains s'il en ait, d'authentiques copains.
Mais l'âme damnée, le monde insondable et fou, le roi du paradoxe, et sûrement l'esprit supérieur, c'est le gars Théophraste. Il est l'homme qui m'a appris le plus, et que pourtant je connais le moins ; un individu qui défie toutes les lois qui est, au demeurant, presque méprisable tant il semble que logiquement il soit toujours trop doué pour ce qu'il fait. J'essaie de lutter avec lui en essayant de rentrer dans son jeu : jeu de comédien né, d'un comédien extraordinaire qui est le plus naturel et le plus lui-même, lorsque précisément il est le moins naturel. De ces conversations qu'on a avec lui, on ne sait absolument pas ce qu'il reste après.
A première vue il semblerait que tout s'en va en rigolade, et c'est certainement le but qu'il cherche et qu'il redoute ; mais à moi il semble que cela apporte quelque chose de nouveau ; d'ailleurs, je le trouve bizarre, ce rire qu'il a, ce rire forcé quoique facile, presque sadique, et qui part en salves et qui ne dure pas, quitte à reprendre. Théophraste est sûrement un snob, parce qu'il est inédit, original, qu'il a une nature intrinsèque extrêmement riche et par suite insondable et impénétrable. Et comme selon Jojo, je suis aussi un idiot, je m'entends bien avec Théo.
Je ne connais pas d'individu qui ait des réactions aussi inattendues, aussi contraires à la logique, et par suite aussi comiques que Théophraste. Il est fou, mais seulement une minute sur deux, et c'est pour ça sans doute qu'il est dangereux en quelque sorte. Quand je suis entré, il était en train de faire son baratin d'usage à un inconnu. On pourrait dire que Théophraste est égocentrique, mais il est badin et il se moque de tout, même de son égocentrisme ; c'est parfois pénible à supporter, de même que ce sourire forcé qu'il a, mais une fois qu'on le connaît, on trouve que c'est de l'or. Une fois que Jojo et Jean-Jacques ont eu fini leur partie de billard, j'en ai commencé une avec Théophraste.
Ce café est un véritable club, on y chante, on y danse etc, ça nous permet de faire un slow ou un rock entre deux parties. Et puis, il faut bien que je le dise, sur notre table, il y avait des petits verres, continuellement remplis... C'est là un moyen grossier, mais efficace et presque inévitable.
- Sacré Théophraste, lui disais-je, tout en frappant sur ma boule, toi, tu ne te fais pas de souci, tu es libre toi au moins, tu ne te compliques pas l'existence, tu n'as pas de scrupules ; on te dirait que tu es génial par exemple, et tu le croirais ; c'est bien ça ?
- Si je le croirais, mais bien sûr ! D'ailleurs, on me l'a déjà dit, et j'en suis de plus en plus persuadé. qu'est-ce que c'est, ça, que le génie ? J'ai étudié la question ; il suffisait pour cela de me considérer moi-même, hein ? qu'est-ce que tu aurais fait à ma place ?
- Oui, évidemment, tout le monde a du génie, surtout de nos jours, c'est un peu comme l'histoire, je plains les écoliers de demain, avec tous les moments historiques que nous vivons.
- Très juste !... A toi de jouer. Alors disons que le génie est un gars sensible, une sorte de machine à souffrir et à donner de la joie ; un gars ballotté par les autres et prisonnier des autres, mais qui s'évade tout de même par son art. Personne n'est gêné avec lui, et tout le monde peut le mépriser, quoique ce soit là un jeu qui se joue à deux. Tu ajoutes à tout ça un peu d'intelligence autant que possible : il y a tous les échelons dans le génie ; tu mélanges le tout, et tu as un spécimen que l'on appelle génie... Je parle du génie courant, hein ! Je ne parle pas de Molière... C'est un gars qui a l'air d'un pantin au milieu des autres, mais qui suit obstinément sa volonté et la réalise. Quant à Molière, il était celui qui supportait et qui subissait le plus, parce que le plus grand esprit est esclave de tous les autres.
- Ah ! Oui ? faisais-je en me grattant la tête... C'est à toi de jouer.
- Molière, oui, eh bien ! c'était un gars méprisable, un génie, quoi, qui menait une vie d'imbécile, mais qui n'avait pas les yeux dans sa poche. Tu te rends compte un peu, cet imbécile de Louis XIV qui lui ordonnait un tas de choses, comme si le génie était une denrée commerciale, et Molière qui était obligé de s'écraser devant lui...
- C'était dégoûtant ! J'en pleurerais...
- Il n'y a pas de quoi, il n'y a pas de quoi, parce que précisément, Molière se vengeait dans ses pièces, par certains coups de stylets. Tout le monde y avait droit. "L'impromptu de Versailles" est plein de talent, mais Molière ne s'y est pas sacrifié, ne s'y est pas trahi comme dans "Le Misanthrope" par exemple.
- J'aurais préféré que tu me parlasses de toi, de ton génie à toi, Théophraste.
- Moi ? Mais je suis un homme comme les autres ; mon génie est un petit génie ; je ne veux pas être un ouvrage d'orfèvrerie, buriné par le malheur et par la vie ; je veux bien être génial, mais jusqu'à un certain point, tout de même. Je ne veux pas être le malheureux, l'incompris, le mal aimé ; je laisse ce soin à d'autres.
- Cela se défend, remarque, comme opinion ; m'est avis que l'homme grand, c'est l'homme sociable.
- Moi je m'en fous, tu comprends, j'ai trouvé un équilibre dans la joie, alors je me passerai bien d'être malheureux, même si je pouvais être Rousseau. Il vaut mieux rire. Rousseau, il ne riait jamais ; c'était un vrai pince-sans-rire. Ha ! Ha ! Ha !
- Pour ma part, j'ai constaté autre chose, je crois que les grands hommes d'action, comme les génies d'ailleurs, car ce sont des génies eux aussi, sont des impuissants intimes qui se vengent sur la société ; c'est une vengeance de l'impuissance, une sorte de surpuissance.
- Ce que tu dis là, mon cher, ne manque pas de puissance, et personnellement je ne crois pas être un surpuissant, mais tes affirmations ont une certaine véracité. Ce sont des gars affreusement seuls, qui ressentent leur détresse, qui fixent leur malheur ; des types courageux au demeurant. Mais ce n'est pas mon genre, parce que personnellement j'aime la société, ha ! ha ! ha ! Ce sont des gars qui ont un complexe d'expression, qui ne peuvent passe vider normalement. L'homme simple, comme moi, élimine normalement ; le génie est une sorte de constipé qui se purge à l'aide d'un instrument ; je ne te dirai pas lequel ; disons que cet instrument est un art ; il se satisfait comme ça ; car on ne peut pas se satisfaire si on n'arrive pas à éliminer, ça va de soi, ça coule de source. C'est à toi de jouer.
J'ajustais ma baguette et je ratais mon coup magnifiquement.
- Oui, mais attention, lui disais-je, le génie est quelqu'un de supérieur !
- Pas sûr, pas sûr du tout, mon vieux. Suis-je supérieur, moi ? Remarque que, comme je te le disais tout à l'heure, pour moi c'est différent. C'est tout simplement un gars qui a trouvé un équilibre, et c'est seulement dans ce sens qu'on peut dire qu'il est supérieur ; je ne crois pas qu'il soit nécessairement intelligent. Pour reprendre l'exemple de tout à l'heure, suppose que tu sois constipé...
- Mais non, mais non !
- Si. Bon, ça durera un jour, deux jours, mettons quinze jours, à ce moment-là, ou ça se dégage, ou tu en meurs. Ceux qui meurent sont certainement les moins intelligents. Ils manquent de grandeur d'âme, ce ne sont pas des âmes fortes, parce que l'âme forte réagit ; si ça se dégage, tu es génial... voilà.
- Le génie, c'est de l'intuition, hasardai-je.
- Mais qu'est-ce que l'intuition ? On a de l'intuition lorsqu'on réfléchit ; elle est une conséquence de résultats négatifs, lesquels ne s'obtiennent que par un travail de longue haleine.
- On dit aussi que le génie est inné. Est-ce que tu as l'impression, toi, Théophraste, d'être génial depuis ta plus tendre enfance ?
- Non, le génie n'est pas inné. Prenons Mozart par exemple ; évidemment, à six ans c'était un enfant prodige. Mais il n'avait pas trouvé sa liberté à cet âge-là. C'était du déterminisme : son père était musicien et lui avait appris la musique, etc. Mozart n'avait aucun mérite à cet âge-là. Ce n'est que plus tard, lorsqu'il a su exploiter ses connaissances musicales et son talent qu'il a été génial ; il faut créer pour être génial ; on ne peut parler de génie chez un enfant. Si à vingt ans Mozart n'avait eu aucune notion musicale, il aurait peut-être été génial, mais il n'aurait pas été compositeur, alors... le génie est peut-être inné, mais il peut mourir, s'il ne trouve pas un moyen d'expression. Et puis ce que tu dis là, mon cher, est tout à fait stupide, parce qu'alors, quelle est la chose qui n'est pas innée, et comment peut-on procéder à sa vérification ?
Des génies, il y en a de tous, parce qu'il y a une quantité de moyens d'expression et de communion ; et puis, il ne faut pas trop chercher la petite bête ; de toute façon, c'est quelque chose d'assez paradoxal, quelque chose qui pousse n'importe où, dans n'importe quelles conditions ; autant de génies, autant d'exceptions. Et Théophraste jouait magnifiquement au billard.
- Sacré Théophraste, lui disais-je, tu parles, tu parles, et tout en parlant, tu me donnes une correction au billard, et on avait parié un apéritif ! Ah ! je ne l'oublierais pas cette leçon.
- Eh ! Oui, la vie est ingrate, ah ! ah ! ah ! on croit vivre heureux et sans souci, et puis le malheur vous attend au tournant ! ha ! ha ! ha !
Entre temps, on buvait tellement, qu'on s'est arrêté peu à peu de discuter ; c'est drôle, mais je ne trouvais plus mes mots, et je rabâchais affreusement. Je suis resté dans ce café très longtemps, et on buvait, et on dansait, et on jouait au billard ; mais je crois que la plupart du temps passait lorsqu'on était attablé et qu'on regardait bêtement les autres avec des yeux plus ou moins vitreux. A moitié saoul, j'ai dansé des twists et des rocks avec inspiration et démence.
Je ne me rappelle plus des détails tant j'y voyais trouble. Je crois que j'ai beaucoup dansé, mais je ne me rappelle plus si c'était toujours la même qui dansait avec moi. Je sais seulement qu'il y avait Françoise, celle de Jojo, et que j'ai dansé avec elle, mais je ne me souviens plus des autres. Ce soir-là, j'ai vérifié ce que m'avait dit Elisabeth à propos de l'oubli complet de soi. Lorsque vous êtes ivre, vous vous sentez tout à fait libéré ; c'est effectivement l'oubli complet de soi ; et lorsqu'en plus vous dansez au son d'un slow américain, votre corps tout entier est si bien livré aux rythmes, qu'il marche tout seul, qu'il est indépendant de vous et qu'il est véritablement possédé, télécommandé par le sorcier du rythme. Il offre aux autres un spectacle unique tant il obéit docilement ; et vous vous sentez léger, léger, en dehors de vous-même, et quasiment éthéré.
Le temps a passé et je suis demeuré ainsi des heures, véritablement assommé, étourdi, et vivant une sorte de cauchemar au travers duquel j'étais pourtant heureux...
Fin du chapitre 8 (pages 125 à 138 )
Lien pratique pour finir en chansons sur quelques-unes de mes reprises, qu'on peut trouver aussi en cliquant sur la colonne droite et noire de ce blog :
www.google.fr/#q=cover+teston&*&spf=1
Un grand bonjour Michel, sur ce beau site; j'aime beaucoup les photos que tu mets; photos d'Ardèche, je suppose? Pour moi, impossible à nouveau de mettre des photos: depuis que mon mari a changé d'ordinateur, centerblog ne les accepte pas et je ne sais pas comment faire pour y remédier.
Très bonne journée, Michel, le ciel te guide et t'encourage en toutes choses
http://laportetroite.centerblog.net
Merci Judith, et bonne soirée. Oui, je mets souvent mes photos ardéchoises sur mon blog. Normalement tu ne devrais pas avoir de problèmes avec un petit appareil numérique ; je réduis les photos avec Paint avant de les mettre sur Centerblog car il ne faut pas qu'elles soient trop grosses. Moi j'ai des problèmes en ce moment avec la musique qui ne doit plus dépasser trois minutes et avec Youtube. Mais à vrai dire je me fous un peu de tout ça. L'important, c'est de garder la foi, l'espérance et la charité avant le grand voyage. Que Dieu te garde, Judith. Très amicalement.
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